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Une double spontanéité, une seule métaphysique


On peut s’attarder sur la technique mixte utilisée par Thibault Hazelzet, à la fois peinture et photographie, aussi n’est-il pas inutile d’avoir un autre regard, plus métaphysique, au-delà de la technique… Il ne s’agit pas d’échapper aux représentations charnelles dans une métaphore spirituelle mais, au contraire, de percevoir la rencontre de spontanéités que l’artiste a besoin de conjuguer dans un bricolage intime qui lui permet de se découvrir.

Le geste de « l’expressionnisme abstrait » échappe, déjà, à la maîtrise du regard et n’est pas aussi abstrait qu’il voudrait bien le dire. Tant la représentation non conventionnelle s’est libérée des logiques totalitaires toujours à l’affût (le rudimentaire des représentations ou l’objet morbide et obsessionnel de l’art officiel).
Du coup il en rajoute en épaisseur et en transparence, tout à la fois, par la surcompensation « extra spontanée » du déclic photographique. Suivre de loin par un doigté magique l’articulation des hasards qui doivent obligatoirement répondre aux objectifs des « hasards objectifs ».

Voilà la trame d’un discours qui va de chair en chair, oubliant l’idée qui doit nécessairement disparaître, pour que l’œuvre puisse prendre corps en ajustements appropriés. La surprise vient d’une présence inattendue qui échappe à la dictature du sens. C’est cette insurrection qui nous transporte et parle.

 

Jean-Paul Chartier
14 octobre 2010